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Mot de l'Artiste-Peintre
La qualité de la lumière sur un rebord de fenêtre, la courbe d’une certaine côte maritime, l’arrangement non prémédité des outils de travail, les restes du déjeuner, les papiers sur la table : objets, espace, gens et la lumière qui éclaire ce qui m’entoure, voilà ce qui m’intéresse le plus. Sur la base de cet intérêt et de ma sensibilité, et par la vertu de mon regard et de mon geste, je pense pouvoir transcender mes associations personnelles pour pouvoir en parler, en pastel, à d’autres.
Mes pastels parlent de ma passion à les créer. En pastel, comme en dessin, il est difficile et souvent impossible de cacher l’évidence du processus--des traces premières. C’est ce qui rend le dessin si spontané et personnel--comme s’il s’agissait d’une conversation plutôt que d’une composition revue et corrigée. Dans tout mon travail, que ce soit des monotypes, des dessins, des pastels ou même des peintures à l’huile--j’utilise consciemment, et même souvent accentue l’évidence du processus de cette recherche. Quand les traits dans mon travail semblent indépendants ou même gratuits, ils servent en fait à décrire quelque chose, ils signifient. La ligne est un élément constant de mon travail, et lui donne son unité stylistique. Toute ligne existe en réponse à une observation, où qu’elle aille et quel que soit son degré d’indépendance. Chaque ligne se réfère à quelque chose.
…Et le fait que ces peintures décrivent un atelier d’artiste ajoute au sentiment d’immédiateté et de processus. Ces pastels décrivent ce que c’est que de prendre un bâton de pastel et de dessiner ce qui se trouve sous mes yeux, parce que c’est là, et qu’en plus, c’est beau!
David Gibson, Montréal, 2005

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